Neuvième de ProLigue lors de la saison 2023-2024, puis cinquième l'an passé, le Pau-Billère Handball a de nouveau accroché la cinquième place cette saison. Une régularité qui renvoie l'image d'un club qui se structure pas à pas et s'installe durablement parmi les prétendants sérieux à une montée en première division. Cette année, les hommes de Rares Fortuneanu ont même cru décrocher le ticket direct d'accession. En occupant le fauteuil de leader pendant une grande partie de la saison régulière, ils ont fait la course en tête avant qu'une fin de parcours plus difficile (défaites aux J27, J29 et J30) ne les prive d'un sacre immédiat.
Sont ensuite venus les play-offs d’accession. Battus à l'aller face à Cherbourg (35-30) en Normandie, les Béarnais ont signé un véritable exploit en quarts de finale en renversant Cherbourg grâce à un match retour volcanique au Sporting d'Este (37-29). Malheureusement, leur rêve s'est envolé d'un rien à l'étage supérieur, lors de la demi-finale retour.
Un match retour cruel face à Ivry
Vainqueurs d'un petit but à l'aller à domicile (29-28), les partenaires de Roméo Kersauson savaient qu'il faudrait un exploit en région parisienne. Malgré un départ manqué (3-0, 5e), Pau a pris les commandes avant la pause (15-16) et a même compté jusqu'à trois longueurs d'avance en seconde période (16-19, 37e). Malheureusement, rattrapés par l'enjeu, les Billérois ont coincé en attaque dans les dix dernières minutes, laissant Ivry verrouiller la fin de match (31-28). Une élimination rageante aux portes de la finale, mais qui valide la progression constante du projet billérois.
Roméo Kersauson, le nouveau prince du Béarn
Si Pau-Billère a vibré de la sorte, il le doit en grande partie à son maître à jouer. À seulement 21 ans, le demi-centre d'origine bretonne (185 cm, 68 kg) a fait sensation cette saison en étant sacré Meilleur Espoir de ProLigue lors des Trophées LNH. Le jeune joueur a franchi un cap en doublant ses statistiques d'une année sur l'autre, passant de 50 à 101 buts en 31 matchs (soit une moyenne de 3,26 buts par match). Devenu le troisième meilleur buteur de son équipe, il s'est également affirmé comme le véritable patron de l'attaque béarnaise en distribuant pas moins de 148 dernières passes.
Cette évolution constante a trouvé son point d'orgue lors du plus grand rendez-vous de la saison : la demi-finale aller face à l'US Ivry. Dans un Sporting d'Este en ébullition, Kersauson a livré son match référence. C'est le match où il a eu le plus de temps de jeu, signant son record personnel de la saison, il a porté son équipe à bout de bras avec un impressionnant 8/9 aux tirs pour offrir la victoire aux siens (29-28). Un épanouissement total dans le Sud-Ouest pour un joueur qui n'a clairement pas fini d'évoluer.
Interview avec Roméo Kersauson
Tu viens de recevoir le trophée de Meilleur Espoir de ProLigue. Qu’est-ce que cette distinction représente pour toi ? Recevoir ce trophée est avant tout une immense fierté. Le recevoir devant tous ces handballeurs qui m’inspirent depuis mon plus jeune âge est encore plus gratifiant. Cela récompense mon travail quotidien. Je remercie tous mes coéquipiers ainsi que le staff, qui ont également contribué à cette récompense.
Si on fait un retour sur votre saison collective, il y a forcément un petit goût amer après avoir été leaders si longtemps et avoir échoué si près du but ? Nous sommes forcément déçus à l’issue de cette saison. Perdre cette première place à deux journées de la fin n’a pas été évident à gérer pour l’ensemble du groupe. Il a fallu se remobiliser pour les play-offs. Après nous être qualifiés en demi-finale grâce à une belle performance collective lors du match retour contre Cherbourg à domicile, nous avons retrouvé Ivry, que nous avions affronté deux semaines plus tôt. Malgré une bonne demi-finale aller, remportée d’un seul but, le match retour a été plutôt bien maîtrisé jusqu’à la 45e minute. Devant au score, nous avons ensuite rencontré davantage de difficultés. Les Ivryens nous ont posé des problèmes et nos pertes de balle ainsi que certaines erreurs individuelles nous ont coûté cette qualification pour la finale. Malgré une bonne saison, faite de hauts et de bas, au cours de laquelle nous n’avons pas réussi à atteindre le Graal de la StarLigue, nous retiendrons cette série de victoires et cette première place conservée pendant près de deux mois.
Sur un plan plus personnel, tu affiches 101 buts au compteur et 148 passes décisives. Quel bilan fais-tu de ta saison d’un point de vue individuel ? C’est une saison plutôt aboutie pour ma part. Le coach et tous les membres de l’équipe m’ont accordé leur confiance, ce qui a facilité le développement de mon jeu. Une blessure à mi-saison ne m’a pas permis d’être à 100 % jusqu’à la fin du championnat, mais grâce à l’aide du staff médical, j’ai réussi à contribuer à cette deuxième partie de saison. Malgré cela, je suis satisfait de mes performances, même s’il reste encore beaucoup de travail à accomplir pour continuer à progresser.
Après cette saison pleine en ProLigue, quel enseignement majeur en tires-tu pour continuer à t’améliorer ? Cette saison en ProLigue m’a montré tous les efforts qu’il faut fournir au quotidien pour devenir un meilleur joueur. La difficulté et la longueur de ce championnat démontrent qu’il faut rester rigoureux sur le terrain comme en dehors. Toutes les équipes parviennent à tirer leur épingle du jeu à un moment de la saison, ce qui rend chaque match difficile et important pour accumuler le plus de points possible.
BERTHELOT Pierre



